DESSINS

 
 

Le dessin est à la base de ma pratique, c’est le médium avec lequel tout a commencé, de par son accessibilité il reste, quelque soit les médiums utilisés, le point de départ de mes travaux.

 

Il est évident qu’il conserve une place importante dans mes réalisations, lors de la réalisation des fresques numériques et des sculptures il prend la forme d’esquisses rapides, dans lesquelles le geste est relâché et instinctif. Dans mon travail de dessin il prend des aspects disparates laissant entrevoir des œuvres très construites, toutes en maitrise. Cette notion de contrôle s’efface légèrement dans les dessins à la mine de plomb, le croquis initial est spontané, l’élaboration précise de l’œuvre se faisant de mémoire et laisse une certaine liberté, contrebalancée par la rigueur du travail du modelé. Cette maitrise disparaît complètement dans les séries informes et organiques, lorsque la couleur est jetée et le dessin apparait à posteriori. C’est un travail de composition en temps réel, cet axe de recherche sera le point de départ de travaux plus conséquents (en extérieur).

Le rapport du spectateur à l’œuvre est questionné, l’ensemble des dessins, comme les fresques numériques, possèdent une richesse visuelle qui invite le spectateur à une observation minutieuse, comme on est amené à le faire face à des œuvres des maîtres du Moyen-âge finissant et de la Renaissance. Une certaine intimité s’instaure dans la contemplation de ces travaux qui s’inscrit dans la durée, s’opposant à l’idée de flux visuel et à la consommation d’images contemporaine. Cette manière d’aborder l’œuvre, propre au dessin, est, ici, accentuée par la densité des compositions, leur abondance visuelle, appuyée par la concentration et l’intrication de détails jusqu’à saturation.

Si ce médium est celui de l’intime, il était intéressant de lui donner de l’ampleur, et de l’apparenté aux fresques numériques, en modifiant son format (tout en conservant ces propriétés formelles : richesses des détails et dynamisme de la composition). Le dessin acquiert, alors, une dimension immersive les rapports d’échelle avec le spectateur sont bouleversés, et l’effet produit sur le public tout autre. Cela questionne la place du corps du spectateur face l’œuvre et la matérialité des œuvres dessinées .